
La
chapelle de Lanbabu
La chapelle de Lanbabu est un monument du 16ème
siècle : la grande baie flamboyante la situe à cette époque,
de même que la crédence gothique à droite de l’autel. Une
date précise est gravée au-dessus de la porte de la
sacristie : 1533.Le bâtiment initial a été agrandi par la
suite. La sacristie actuelle fut, à l’origine, une chapelle
latérale, dont la baie ogivale a été diminuée en hauteur. Un
autel en pierre s’y trouve. Une inscription à l’extérieur
date ce remaniement : « Colin 1737 ».
Un arc diaphragme sépare l’édifice en deux parties. La
partie supérieure, avec le chœur, fait 6.50m de large. La
nef ne mesure que 4.80m, avec au mur pignon ouest, une porte
frontale et ses marches intérieures. Le Maître-autel est
constitué d’un superbe monolithe de granit. Il est flanqué,
à droite, de la statue de Saint-Tugdual, portant la tiare et
la croix papale. Un Saint Sébastien et un Christ complètent
la statuaire de la chapelle. Extérieurement, on remarque le
décrochement de la toiture correspondant aux deux niveaux
intérieurs. Le petit clocher est soutenu par quatre meneaux,
qu’équilibrent des pinacles. Un puits, profond d’une dizaine
de mètres, avoisine la chapelle, mais la fontaine se trouve
à environ 100m au sud, en bordure de la départementale n°2.
Elle avait la réputation de guérir abcès et furoncles
(eskejou en breton).
Une restauration a été faite récemment. L’action dynamique
du comité qui en avait la charge a permis d’entreprendre les
travaux urgents qui s’imposaient et qui lui font retrouver
une nouvelle jeunesse.
Saint
Tugdual
Tugdual naît en Grande-Bretagne à l’aube du 6ème
siècle. Son père, Hoel 1er avait du s’exiler pour
fuir les armées de Clovis. Confié dit-on à St. Ildut dans
l’école que celui-ci avait fondée à Lian-Litud-Fawr, il
reçoit de lui un enseignement spirituel et moral remarquable
pour l’époque. Il se fait moine. Son ascétisme, sa ferveur,
son sens de l’autorité le font remarquer : il est nommé Père
Abbé d’un couvent Grand breton. A la mort de son père, il
revient en Bretagne en compagnie de sa mère et de sa sœur
Seva ainsi que sa communauté religieuse. Ils débarquent dans
le Nord Finistère, d’où Tugdual part en quête d’une terre
pour s’y installer : on lui donne un lieu appelé depuis
Trébabu. Il n’y séjourne pas longtemps et part fonder un
autre monastère dans le secteur de Tréguier, dans la vallée
du Trégor.
A cette époque, Childebert a succédé à Clovis. Les relations
avec le nouveau Roi des Francs prennent alors une tournure
plus favorable
à l’égard des Bretons grâce à l’action
diplomatique de St Samson et de St Tugdual, qui furent, par
l’entremise de St Germain de Paris, reçu par ce Roi. Tugdual
obtint de Childebert l’évêché de Lexovie, nom ancien de
Lisieux. Mais il doit y subir bientôt des persécutions qui
l’obligèrent à quitter son sort de siège épiscopal.
Il revient trouver refuge dans le couvent de Trébabu où se
trouve sa sœur Seva. Et pendant deux années au moins il se
tient à l’écart de toute charge ecclésiastique. C’est à ce
moment que se situerait son voyage
à Rome. Rien ne le prouve
mais un tel déplacement n’est pas du tout invraisemblable
car il est prouvé que d’autres dignitaires bretons
l’effectuaient déjà au siècle précédent, notamment par la
voie maritime.
Pendant son séjour aurait eu lieu le décès du
Pape. Les Evêques présents le placent, malgré sa volonté,
sur le trône pontifical vacant. Mais sa modestie, son
humilité lui font renoncer à la dignité papale.
Ce serait cet épisode de sa vie, selon la légende, qui lui
aurait valu l’appellation de Pabu, vieux breton signifiant
Père (Pape, en breton moderne, se traduit par Pab, dont la
racine est le grec pappas : père). D’où les toponymes :
Trébabu, St Pabu, Lanbabu, et bien d’autres encore.
Ce que l’on peut dire objectivement c’est que ce titre de
Père se donnait autrefois aux évêques. Or, si
St Tugdual n’a
pas été Pape, il a sûrement été évêque! Tugdual sillonne
alors la Bretagne et en particulier notre partie de la
Cornouaille. Il aide ses compatriotes à s’organiser
matériellement et leur apporte soutien spirituel et
réconfort. Son influence est très grande.
Dans notre chapelle de Lanbabu (du Gaulois Lan : terre
consacrée, monastère, église- en gallois se
llan-, et du mot
Pabu déjà cité), sa statue est vénérée. Elle le représente
coiffé de la triple tiare papale.
Saint Tugdual mourut, d’après ses hagiographies, le 30
novembre de l’an 564.
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